Le sabbat Samhain représente la fête des morts et marque le début de l’année solaire. C’est au cœur de l’automne lorsque les arbres se dénudent, les températures baissent et où nous passons de plus en plus temps à l’intérieur, que se fête Samhain.
Dans un précédent article, je t’ai parlé des Sabbats et de la Roue Solaire. Si tu ne l’as pas lu je t’invite à aller le lire afin de mieux comprendre ce qu’est un Sabbat. Il existe de nombreux mythes et traditions liés à Samhain. Dans cet article, je vais te retracer une partie de son histoire, en m’appuyant sur le livre “Samhain” de Diana Rajchel (Éditions Danaé).
Samhain est un sabbat dit majeur qui se célèbre le 31 octobre dans l’hémisphère nord et le 1er mai dans l’hémisphère sud. Son nom vient du gaélique qui signifie « fin de l’été » et se prononce so-ween. Il est situé au milieu de l’automne ce qui signifie que la plupart des arbres ont perdu leur beau feuillage orangé-rouge. Les températures sont en baisse et nous obligent à passer de plus en plus de temps à l’intérieur. Par le passé, ce moment sonnait la fin des moissons et l’attention de chacun était alors tournée vers la préparation de l’hiver.
L’histoire de ce sabbat prend sa source dans la tradition Celtique. Chez les celtes, il y avait 4 festivals du feu qui étaient célébrés dont le plus important est Samhain. Sa célébration se déroulait à la première gelée suivant la pleine lune d’octobre. Cette nuit-là, les familles laissaient mourir le feu de leur foyer pour le rallumer le lendemain lors d’un grand rassemblement avec la tribu. À cette occasion, des offrandes et des sacrifices étaient faits pour éloigner les esprits errants et le peuple des fées. Les druides allumaient un grand feu sacré pour la communauté et chacun repartait avec un peu de ce feu pour son foyer.
Dans la tradition païenne à Samhain le voile entre les mondes est le plus fin et il est possible d’entrer en contact avec les défunts et/ou d’autres entités, comme les fées. Cela implique que des entités autant bienveillantes que malveillantes puissent le franchir. Aussi pour se protéger et faire peur aux entités malveillantes, les celtes avaient pris pour habitude de se déguiser en animaux ou créatures effrayantes.
Au Moyen Âge, le festival du feu a évolué vers des pratiques que nous retrouvons actuellement. Chez les Gallois, dans les Highlands écossais, un feu de joie était allumé dans la grande rue des villes. Les garçons de plus de 8 ans et les domestiques, afin d’effrayer les fées, étaient chargés de sortir allumer des torches qui étaient placées en limite des propriétés et qui servaient aux habitants à allumer des feux de joie sur leurs terres.
Afin de se protéger en allant chercher le feu, les domestiques et les garçonnets, sortaient avec une lanterne appelée “Jack O’Lantern.” Celle-ci était fabriquée avec un navet creusé pour y placer un charbon ardent, puis relié à une ficelle. Cette tradition fait référence à une légende chrétienne du forgeron Old Jack qui dit que le ciel et l’enfer ne voulant pas de lui, il fut condamné à marcher sur les routes la nuit d’Halloween en traînant une lanterne navet pour éclairer son chemin.
Afin de convertir plus facilement et plus vite les païens au Christianisme, l’église s’est appropriée de nombreuses fêtes païennes. Au 5e siècle, le pape Boniface renomme Samhain en « fête des Saints et des martyrs, » et déplace la date au 13 mai. Au 9e siècle, le pape Grégoire, voyant que Samhain est toujours fêté au 31 octobre, déplace la Toussaint au 1er novembre.
La plupart les traditions ont perduré à travers le temps comme la croyance que le voile entre les mondes est plus fin lors de la nuit de Samhain. Cependant, de nouvelles traditions ont vu le jour impliquant de faire la tournée des maisons et créant ainsi les prémices de la fête d’Halloween.
Les farces prennent origine dans le fait de faire peur aux fées. Par la suite, ça a été également l’occasion de faire accuser les fées des farces commises. Il existe de nombreuses pratiques en Irlande et en Écosse liées aux farces. Comme par exemple jeter un trognon de choux sur la porte des gens que l’on n’aime pas, dégonder les portes ou enlever les piquets des barrières.
En Irlande et en Écosse, on donnait aux pauvres des biscuits ronds appelés « gâteaux des âmes » contre les chants et les prières qu’ils offraient. Les lanternes en navet qu’ils portaient symbolisaient les âmes des défunts qui venaient quémander de la nourriture. Le plus souvent le repas de Samhain se déroulait dans le calme. Des gâteaux étaient placés sur les rebords des fenêtres pour les défunts. Une fois le repas fini les enfants pouvaient jouer et les adultes faisaient un point sur l’année écoulée.
Dans le Somerset c’étaient les enfants qui faisaient la tournée des maisons le 30 octobre, en demandant de l’argent pour acheter des feux d’artifices qui seraient allumés le lendemain soir. Ils portaient également des lanternes navets qui symbolisaient aussi les âmes des morts et refuser de donner de l’argent portait malheur.
En France, les enfants faisaient la tournée des maisons pour obtenir des fleurs en vue de fleurir les tombes de leurs défunts.